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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 17:54
La dernière piste de Sakajawa

Grand-Sachem-la-Brocante a poursuivi durant cet été la lecture de la saga de Sacajawa par Anna Lee Waldo.

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Ce troisième tome est bien particulier ; en effet un roman historique peut, et c’est bien normal, prendre des libertés avec l’Histoire si c’est pour améliorer la compréhension du récit ou pour imaginer ce qui s’est passé durant des périodes de la vie des personnages pour lesquels on manque d’information. Mais là, la situation est différente : on se pose des questions sur l’existence même de Sacajawa durant la période pendant laquelle Anna Lee Waldo nous raconte sa vie.

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En réalité on sait peu sur la vie de Sacajawa, mais encore moins sur sa mort ! Le mystère se poursuit encore aujourd’hui de nombreux chercheurs pensent qu'elle a rejoint le Grand-Manitou le 20 décembre 1812. Alors pourquoi une pierre tombale de Wyoming dit qu’elle mourut en 1884 ?

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Deux indications dans deux États racontent deux histoires très différentes !

Dans un cimetière sur la réserve indienne de Wind River dans le Wyoming, une pierre tombale de granit proclame le site comme le site du repos éternel de Sacajawa. Une inscription sur la tombe donne la date de sa mort au 9 avril 1884. Environ 600 miles au nord-est, toutefois, une autre épitaphe près de Mobridge, dans le Dakota du Sud, affirme qu'elle est décédée le 20 décembre 1812 et fut enterrée à proximité.

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Que se passe-t-il? Grand-sachem en perd son latin ! Quels sont les faits :

En avril 1884, une vieille femme Shoshone nommée Porivo a été enterrée. La vieille dame, dont le certificat de décès ne donne pas le nom mais indique « Mère de Bazil » (Bazil était un Shoshone baptisé) aurait eu un âge d’environ 100 ans. Elle se serait installée dans la réserve dans les années 1870 et on dit qu'elle faisait partie de l'expédition Lewis et Clark. Dans le début du XXe siècle l'historien Grace Raymond Hebard a appuyé cette idée, il a publié dans son livre de 1933 « Sacajawa », que Porivo était en effet Sacajawa. Selon la tradition orale de la tribu recueillie par le «Bureau des Affaires Indiennes», Sacajawa avait fui son mari canadien-français, Toussaint Charbonneau ; elle aurait vécu parmi les Comanches en Oklahoma, dans les années 1840, fait son chemin dans le Wyoming dans les années 1860 et se serait installée avec son peuple d’origine, les Shoshones à la réserve indienne de Wind River durant la décennie suivante.

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C’est l’hypothèse que retient Anna Lee Waldo ce qui lui permet de nous faire vivre et partager près de 75 ans de la vie d’une squaw, témoin privilégiée de l’évolution et de la dégradation des relations entre les indiens et les visages-pâles.

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Elle n’est pas la première à avoir pris cette option, en 1902 Eva Emery, romancière mais également suffragette, faisait de Sacajawa une icône féministe n’hésitant pas à quitter un mari abusif et polygame pour vivre une vie de femme libre et respectée.

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Mais il existe une autre version qui crédite la possibilité d’une mort prématurée de Sacajawa.

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Un document découvert par la suite, «Le journal de John C. Luttig», employé à Fort Manuel Lisa dans l'actuel Dakota du Sud, contient cet article rédigé dans la nuit du 20 décembre 1812: « ce soir la femme de Charbonneau, une squaw Snake [Shoshone], meurt d'une fièvre putride….Âgés de 25 ans. Elle a laissé une belle fille infantile. » Luttig n'a pas identifié formellement la squaw Sacajawa, mais elle semble correspondre à la description.

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Charbonneau, avait cependant, plus d'une femme. Luttig indiquait-il la bonne « épouse » ?

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Anna Lee Waldo n’a pas esquivé ce fait mais elle s’est arrangée dans son récit pour que la femme qui accompagnait à ce moment là Charbonneau soit une autre de ses compagnes, Shoshone également, que la Sacajawa du roman appréciait beaucoup au point de ne pas hésiter à adopter sa fille. Ils sont fort ses romanciers pour retomber sur leurs mocassins !

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Mais les vieux papiers n’ont pas dit leur dernier mot. Quelque part entre 1825 et 1828, Clark a pris note dans son livre de caisse des allées et venues de ses membres de l'expédition. A côté de Sacajawa, l’explorateur a écrit : « Morte ». Il est peu probable qu’il fut mal informé car il était le protecteur de Sacajawa, il l’avait logée avec son fils à Saint Louis et son poste de gouverneur, spécialement chargé des relations avec les indiens, lui permettait d’avoir toutes les informations sur ce qui se passait le concernant dans les tribus proches. Et puis, indice important en 1813, Clark a légalement adopté deux enfants de Sacajawa, Jean-Baptiste et Lisette. Étant donné la relation de Clark avec les enfants, il aurait probablement su si Sacajawa était vivante, et sa mort précoce expliquerait logiquement son adoption des papooses.

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Grand-Sachem aimerait poursuivre l'enquête mais la cause semble désespérée!

Pour la première fois, Grand-Sachem-la Brocante disposait de deux éditions de ce roman pendant sa lecture, la version de poche et l'édition brochée. Grand-Sachem a donc pu choisir selon les lieux de ses lectures!

La dernière piste de Sakajawa

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Grand-Sachem-la-Brocante - dans livres
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commentaires

Folfaerie 01/09/2014 20:51

Cette pauvre Sacajewa a toujours fait couler beaucoup d'encre, et elle a souvent symbolisé le mythe romantique de l'Indienne partagée entre deux peuples et deux cultures. Je me dis que Sacajewa a dû porter un fardeau bien lourd. Sa fin est de toute façon fort pathétique. Puisque tu as mis ta casquette de Sherlock Holmes, j'espère bien que tu trouveras le fin mot de cette histoire :-))

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